Affaire Samira/Cécile:
les testings prouvent les discriminations. 

Samira, une jeune femme d’origine étrangère, titulaire de plusieurs diplômes dont une agrégation en Langues et Littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles, postule le 12 janvier 2016 pour un poste de professeure de français auprès d’un collège dans la commune de Jette. 

L’offre d’emploi en question avait été mise en ligne le 11 janvier 2016 sur le site d’ACTIRIS.

La jeune femme est étonnée de recevoir le jour même une réponse négative de la part du collège alors que l’offre d’emploi pour ce poste était en ligne depuis moins de 24 heures. Afin d’en avoir le cœur net, elle envoie la même candidature mais sous le pseudonyme « Cécile », un nom qui n’est pas à consonance étrangère.

Quelques minutes plus tard « Cécile » reçoit une réponse positive de la part du collège pour un entretien. Samira par contre ne reçoit et ne recevra jamais de réponse positive à sa candidature.

Une action en cessation est introduite au tribunal du travail de Bruxelles. UNIA (l’ancien Centre pour l’Egalite des Chances) reconnait une discrimination directe et se joint à la plainte. Finalement, un accord est trouvé entre les parties après une médiation du tribunal du travail de Bruxelles.

L’accord est publié sur le site d’UNIA: http://unia.be/fr/articles/pas-dentretien-dembauche-pour-une-candidate-au-nom-etranger

Toutes les études menées concernant les discriminations à l’emploi (tant à Bruxelles, qu’en Flandre et en Wallonie) démontrent que les personnes d’origines étrangères sont discriminées à grande échelle.[1]

L’affaire « Samira/Cécile » n’est qu’une affaire parmi tant d’autres. Dans la majorité des cas, les victimes de discrimination ne savent pas qu’elles ont été discriminées ou n’introduisent pas de plainte vu les barrières à franchir pour avoir accès à la justice.

Si Samira n’avait pas eu l’idée d’envoyer son CV sous le nom de Cécile, ce qui revient à faire un test de situation (un « testing »), elle n’aurait jamais eu la preuve qu’elle avait été victime d’une discrimination. C’est aussi grâce au soutien de nombreuses personnes et organisations que Samira a eu la possibilité d’introduire cette plainte.

Dès lors, afin de mettre réellement fin aux discriminations et de ne plus avoir d’affaires « Samira/Cécile », il est grand temps que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités en main et mènent un réel combat contre les discriminations et les préjugés. Organiser de manière proactive des tests de situation, revendication de nombreuses organisations anti-discrimination et de spécialistes en la matière, serait un commencement.


[1] Notamment une étude récente de l’Université de Gand et de la VUB concernant la discrimination sur le marché du logement après la réalisation de testings et de mystery shoppinghttp://www.bruzz.be/nl/actua/noord-afrikanen-meest-gediscrimineerd-op-brusselse-huurmarkt

Selon une étude réalisée par la KUL et l’ULB, 1 entreprise sur 3 discrimine à Bruxelles: http://www.actiris.be/Portals/36/Documents/NL/Pers_etnische_discrimanatie.pdf