Raf JESPERS & Axel BERNARD - 01/10/2007
Récemment la Ligue des Droits de l’Homme flamande exposait que la Belgique «a de très bons résultats sur les marchés boursiers, de bons résultats au football mais un nombre important de nos libertés et de nos droits démocratiques se portent mal ». Selon son président, Jos Vander Velpen, le gouvernement précédent « a utilisé abusivement la lutte contre le terrorisme pour renforcer le pouvoir exécutif (celui du gouvernement, du parquet et de la police) et créer une société sécuritaire ». La Ligue voit-elle des fantômes ? Si votre épouse se rend aux Etats Unis et commande un repas végétarien et que vous achetez un nouveau manteau avec votre carte de crédit, vous risquez de vous retrouver dans les fichiers informatiques du président Bush. Si votre épouse se rend aux Etats Unis et commande un repas végétarien et que vous achetez un nouveau manteau avec votre carte de crédit, vous risquez de vous retrouver dans les fichiers informatiques du président Bush. Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, cet exemple a priori ridicule n’est plus de la fiction. Nous sommes en effet tous surveillés de différente manière et repris dans différents fichiers. Les gouvernements, les services de police et de renseignement peuvent utiliser les informations récoltées pour surveiller les personnes qui expriment une opinion dissidente et pour traiter certaines d’entre elles comme des criminels. De nombreuses personnalités estiment qu’il est grand temps de sonner l’alarme. Caroline Copers, secrétaire générale de la FGTB flamande, réagit ainsi énergiquement, en juin 2007, quand Greenpeace se retrouve poursuivi judiciairement suite à une action pacifique et symbolique qui avait été organisée devant le siège d’Electrabel. La FGTB s’inquiète également pour le militant Bahar Kimyongür qui a été condamné sur base de la loi contre le terrorisme pour avoir participé au bureau d’information d’un mouvement d’opposition turque. « Déjà en 2003, la FGTB protesta contre le projet de loi [sur les infractions terroristes]. Nous sommes d’avis que des actions syndicales et sociales ne peuvent être traitées par le droit pénal comme c’est le cas aujourd’hui. C’est pourquoi nous demandons au nouveau gouvernement de revoir cette législation en profondeur.» Déjà plus de 150 mouvements sociaux et organisations non-gouvernementales ont signé une Plate-forme pour la liberté d'association et d'expression (voir plus loin). Tous demandent une meilleure protection de ces droits. Un des arguments du gouvernement précédent était qu’une nouvelle législation était nécessaire pour combattre efficacement le terrorisme. Mais, même Herman De Croo, ancien président de la Chambre semble lui-aussi trouver que cela va trop loin : «Je ne veux pas que mon fils ou celui de mes voisins meure dans un train ou dans un bus suite à un attentat mais pensons au-delà. Nous devenons paranoïaques et nous nous privons de notre liberté. Cela semble une méthode encore plus efficace pour notre destruction que le terrorisme lui-même. » Le recueil complet vous trouvez au-dessous. |